Lepage , Voynet anti-ITER
Annoncé comme un messie technologique et économique en région PACA, le projet Iter est contesté par les Verts. Débat chaud hier à Aix-en-Provence.
Le reportage de Patrice COSTA
Les deux ex-ministres de l’Environnement, Dominique Voynet (à gauche) et Corinne Lepage ont descendu en flamme le réacteur expérimental à fusion thermonucléaire. Photo AFP
Les enjeux de l'énergie ont cette particularité de rapprocher les chapelles politiques pourtant diamétralement opposées. Illustration hier à Aix-en-Provence où deux ex-ministres de l'Environnement, Dominique Voynet pour la gauche et Corinne Lepage pour la droite, ont descendu en flamme le réacteur expérimental à fusion thermonucléaire Iter qui doit être construit à Cadarache, en plein Lubéron, à quelques dizaines de kilomètres de là. Le 28 juin dernier, la France a hérité de l'implantation du site après une longue bagarre politico-scientifique avec le Japon, candidat lui-aussi à accueillir ce prototype ultra-pointu censé domestiquer l'inépuisable énergie solaire et présenté comme la parade à la panne énergétique qui menace l'humanité. En région PACA, l'annonce a fait tilt : Iter, c'est 2 milliards d'euros espérés en retombées économiques et 8.000 emplois induits sur 10 ans de chantier. Des rangs du PS à ceux de l'UMP en passant par tous les milieux économiques du territoire, et notamment ceux du pays d'Aix, on a donc applaudi la nouvelle. Seuls bémols : les Verts, tant ceux du coin que leurs leaders nationaux, telle Dominique Voynet effarée « par un budget pharaonique qui ne répond pas aux défis actuels, mais risque au contraire de tarir les crédits allant aux solutions alternatives ».
Annoncé comme un messie technologique et économique en région PACA, le projet Iter est contesté par les Verts. Débat chaud hier à Aix-en-Provence.
Le reportage de Patrice COSTA
Les deux ex-ministres de l’Environnement, Dominique Voynet (à gauche) et Corinne Lepage ont descendu en flamme le réacteur expérimental à fusion thermonucléaire. Photo AFP
Les enjeux de l'énergie ont cette particularité de rapprocher les chapelles politiques pourtant diamétralement opposées. Illustration hier à Aix-en-Provence où deux ex-ministres de l'Environnement, Dominique Voynet pour la gauche et Corinne Lepage pour la droite, ont descendu en flamme le réacteur expérimental à fusion thermonucléaire Iter qui doit être construit à Cadarache, en plein Lubéron, à quelques dizaines de kilomètres de là. Le 28 juin dernier, la France a hérité de l'implantation du site après une longue bagarre politico-scientifique avec le Japon, candidat lui-aussi à accueillir ce prototype ultra-pointu censé domestiquer l'inépuisable énergie solaire et présenté comme la parade à la panne énergétique qui menace l'humanité.
En région PACA, l'annonce a fait tilt : Iter, c'est 2 milliards d'euros espérés en retombées économiques et 8.000 emplois induits sur 10 ans de chantier.
Des rangs du PS à ceux de l'UMP en passant par tous les milieux économiques du territoire, et notamment ceux du pays d'Aix, on a donc applaudi la nouvelle.
Seuls bémols : les Verts, tant ceux du coin que leurs leaders nationaux, telle Dominique Voynet effarée « par un budget pharaonique qui ne répond pas aux défis actuels, mais risque au contraire de tarir les crédits allant aux solutions alternatives ».
http://cap21paca.over-blog.com/article-3307450.html
Annoncé comme un messie technologique et économique en région PACA, le projet Iter est contesté par les Verts. Débat chaud hier à Aix-en-Provence.
Le reportage de Patrice COSTA
Les deux ex-ministres de l’Environnement, Dominique Voynet (à gauche) et Corinne Lepage ont descendu en flamme le réacteur expérimental à fusion thermonucléaire. Photo AFP
Les enjeux de l'énergie ont cette particularité de rapprocher les chapelles politiques pourtant diamétralement opposées. Illustration hier à Aix-en-Provence où deux ex-ministres de l'Environnement, Dominique Voynet pour la gauche et Corinne Lepage pour la droite, ont descendu en flamme le réacteur expérimental à fusion thermonucléaire Iter qui doit être construit à Cadarache, en plein Lubéron, à quelques dizaines de kilomètres de là. Le 28 juin dernier, la France a hérité de l'implantation du site après une longue bagarre politico-scientifique avec le Japon, candidat lui-aussi à accueillir ce prototype ultra-pointu censé domestiquer l'inépuisable énergie solaire et présenté comme la parade à la panne énergétique qui menace l'humanité. En région PACA, l'annonce a fait tilt : Iter, c'est 2 milliards d'euros espérés en retombées économiques et 8.000 emplois induits sur 10 ans de chantier. Des rangs du PS à ceux de l'UMP en passant par tous les milieux économiques du territoire, et notamment ceux du pays d'Aix, on a donc applaudi la nouvelle. Seuls bémols : les Verts, tant ceux du coin que leurs leaders nationaux, telle Dominique Voynet effarée « par un budget pharaonique qui ne répond pas aux défis actuels, mais risque au contraire de tarir les crédits allant aux solutions alternatives ».
Limiter la casse
Corinne Lepage est au diapason : « Au départ, je n'étais pas contre, mais techniquement, financièrement et socialement, il n'a aucune lisibilité ». La présidente de l'association politico-environnementaliste Cap 21 a donc « changé d'avis. Ce choix n'a servi qu'à faire briller l'image de marque de l'Elysée en oubliant l'état anémique actuel de nos finances publiques. On fonce tête baissée dans une machine alors qu'on ne sait toujours pas si elle sera capable de produire un jour de l'électricité ». Une machine à 10 milliards d'euros, pour l'instant, injectés sur 30 ans. Même si elle est partagée entre l'Union européenne, la Chine, le Japon, la Russie, la Corée du Sud et les Etats-Unis, la facture effraie Voynet et Lepage. Unanimes, elles déplorent en outre « le simulacre de débat démocratique qui est actuellement proposé sur un projet dont la décision a été arrêtée ». Pour « limiter la casse », les huit Verts élus au Conseil régional PACA présidé par le socialiste Michel Vauzelle l'ont pourtant jouée fine. Dans le programme de mandature qui les lie à la gauche, ils ont obtenu que pour 1 euro versé à Iter, 1 euro aille aux énergies renouvelables (EnR). « La part de financement accordée par la Région au projet a été fixée à 152 millions d'euros sur 10 ans. On dispose donc d'une somme identique pour développer les EnR et prouver qu'on peut structurer d'autres filières industrielles, d'autant que beaucoup d'initiatives locales en matière de maîtrise de l'énergie butent sur le manque de professionnels », souligne Annick Delhaye, vice-présidente Verte de la Région.
Pas des obscurantistes
A Aix, comme dans les environs, le travail de sape des écolos semble porter ses fruits. Hier, plus de 500 personnes assistaient aux débats. « J'ai des gosses et je m'inquiète pour eux, car ici le boulot ne court pas les rues. Iter à Cadarache j'y étais favorable au début pour l'emploi mais je commence à douter. J'ai peur par exemple d'un envol des prix du foncier, déjà que c'est hors de prix... », observe Laurent, un instit. Nicole, écolo dans l'âme, tempère elle-aussi : « Dompter le Soleil, une énergie propre, génial ! mais pas comme ça », dit-elle en référence aux remarques de Pierre-Gilles de Gennes, le Français prix Nobel de physique 1991 qui a émis de sérieux doutes sur les chances de réussite sur l'utilisation industrielle de la fusion nucléaire. La technologie, les Verts y croient à fond. « On n'est pas pour le retour à la bougie et à la charrette, faut arrêter les clichés ! » ajoute Voynet en rappelant d'ailleurs que son parti n'est pas « contre la recherche nucléaire, mais contre le fait qu'elle s'accapare, en France, 98 % des crédits. Il faut équilibrer avec les autres secteurs ». La réunion « Alter-Iter » des Verts l'a montré : le prototype et ses cerveaux ne débarquent pas en Provence en terrain conquis. « Les gens d'ici vont vite comprendre que cette utopie technologique est une impasse », martèle Hélène Gassin, de Greenpeace-France. « Ce réacteur fournira peut-être quelques watts en 2070 ou 2080 pour 10, 20 ou 30 milliards d'euros, alors qu'il est facile d'utiliser l'énergie solaire avec de simples panneaux posés sur les toits. Et pas au même prix... ».
L'Est républicain. 29/01/2006
Annoncé comme un messie technologique et économique en région PACA, le projet Iter est contesté par les Verts. Débat chaud hier à Aix-en-Provence.
Le reportage de Patrice COSTA
Les deux ex-ministres de l’Environnement, Dominique Voynet (à gauche) et Corinne Lepage ont descendu en flamme le réacteur expérimental à fusion thermonucléaire. Photo AFP
Les enjeux de l'énergie ont cette particularité de rapprocher les chapelles politiques pourtant diamétralement opposées. Illustration hier à Aix-en-Provence où deux ex-ministres de l'Environnement, Dominique Voynet pour la gauche et Corinne Lepage pour la droite, ont descendu en flamme le réacteur expérimental à fusion thermonucléaire Iter qui doit être construit à Cadarache, en plein Lubéron, à quelques dizaines de kilomètres de là. Le 28 juin dernier, la France a hérité de l'implantation du site après une longue bagarre politico-scientifique avec le Japon, candidat lui-aussi à accueillir ce prototype ultra-pointu censé domestiquer l'inépuisable énergie solaire et présenté comme la parade à la panne énergétique qui menace l'humanité. En région PACA, l'annonce a fait tilt : Iter, c'est 2 milliards d'euros espérés en retombées économiques et 8.000 emplois induits sur 10 ans de chantier. Des rangs du PS à ceux de l'UMP en passant par tous les milieux économiques du territoire, et notamment ceux du pays d'Aix, on a donc applaudi la nouvelle. Seuls bémols : les Verts, tant ceux du coin que leurs leaders nationaux, telle Dominique Voynet effarée « par un budget pharaonique qui ne répond pas aux défis actuels, mais risque au contraire de tarir les crédits allant aux solutions alternatives ».
Limiter la casse
Corinne Lepage est au diapason : « Au départ, je n'étais pas contre, mais techniquement, financièrement et socialement, il n'a aucune lisibilité ». La présidente de l'association politico-environnementaliste Cap 21 a donc « changé d'avis. Ce choix n'a servi qu'à faire briller l'image de marque de l'Elysée en oubliant l'état anémique actuel de nos finances publiques. On fonce tête baissée dans une machine alors qu'on ne sait toujours pas si elle sera capable de produire un jour de l'électricité ». Une machine à 10 milliards d'euros, pour l'instant, injectés sur 30 ans. Même si elle est partagée entre l'Union européenne, la Chine, le Japon, la Russie, la Corée du Sud et les Etats-Unis, la facture effraie Voynet et Lepage. Unanimes, elles déplorent en outre « le simulacre de débat démocratique qui est actuellement proposé sur un projet dont la décision a été arrêtée ». Pour « limiter la casse », les huit Verts élus au Conseil régional PACA présidé par le socialiste Michel Vauzelle l'ont pourtant jouée fine. Dans le programme de mandature qui les lie à la gauche, ils ont obtenu que pour 1 euro versé à Iter, 1 euro aille aux énergies renouvelables (EnR). « La part de financement accordée par la Région au projet a été fixée à 152 millions d'euros sur 10 ans. On dispose donc d'une somme identique pour développer les EnR et prouver qu'on peut structurer d'autres filières industrielles, d'autant que beaucoup d'initiatives locales en matière de maîtrise de l'énergie butent sur le manque de professionnels », souligne Annick Delhaye, vice-présidente Verte de la Région.
Pas des obscurantistes
A Aix, comme dans les environs, le travail de sape des écolos semble porter ses fruits. Hier, plus de 500 personnes assistaient aux débats. « J'ai des gosses et je m'inquiète pour eux, car ici le boulot ne court pas les rues. Iter à Cadarache j'y étais favorable au début pour l'emploi mais je commence à douter. J'ai peur par exemple d'un envol des prix du foncier, déjà que c'est hors de prix... », observe Laurent, un instit. Nicole, écolo dans l'âme, tempère elle-aussi : « Dompter le Soleil, une énergie propre, génial ! mais pas comme ça », dit-elle en référence aux remarques de Pierre-Gilles de Gennes, le Français prix Nobel de physique 1991 qui a émis de sérieux doutes sur les chances de réussite sur l'utilisation industrielle de la fusion nucléaire. La technologie, les Verts y croient à fond. « On n'est pas pour le retour à la bougie et à la charrette, faut arrêter les clichés ! » ajoute Voynet en rappelant d'ailleurs que son parti n'est pas « contre la recherche nucléaire, mais contre le fait qu'elle s'accapare, en France, 98 % des crédits. Il faut équilibrer avec les autres secteurs ». La réunion « Alter-Iter » des Verts l'a montré : le prototype et ses cerveaux ne débarquent pas en Provence en terrain conquis. « Les gens d'ici vont vite comprendre que cette utopie technologique est une impasse », martèle Hélène Gassin, de Greenpeace-France. « Ce réacteur fournira peut-être quelques watts en 2070 ou 2080 pour 10, 20 ou 30 milliards d'euros, alors qu'il est facile d'utiliser l'énergie solaire avec de simples panneaux posés sur les toits. Et pas au même prix... ».
L'Est républicain. 29/01/2006