Une contestation nationale s’organise
| | Carl Thériault, collaboration spéciale | 3 août 2006 | RIMOUSKI – L’Union des producteurs agricoles du Bas-Saint-Laurent prend les devants avec les syndicats d’Hydro-Québec ( SCFP-FTQ) afin d’organiser une vase mobilisation nationale pour mettre fin au développement éolien anarchique si Québec ne déclare pas un moratoire.
« Nous jetons les bases d’une coalition nationale. Il faut un débat pour un développement éolien durable sans être agressant pour l’agriculture et le tourisme. Au Danemark, les producteurs et la communauté ont jusqu’à 8 % des revenus. Nous, au Québec, on tourne autour de 1 % et les profits de ces entreprises s’en vont à l’étranger », a lancé Claude Guimond, président de l’UPA Bas-Saint-Laurent.
L’heure est à la mobilisation puisque que, dans la seule région du Bas-Saint-Laurent, de 1300 à 1500 éoliennes seraient érigées sur des terres agricoles entre Rivière-du-Loup et Baie-des-Sables, près de Matane, sur une distance linéaire de 170 kilomètres, si tous les projets recevaient le feu vert, et ce, sans compter les corridors réservés aux nouvelles lignes de transport hydroélectriques.
Le maire d’Amqui, Gaétan Ruest, qui appuie l’idée d’un moratoire, part en guerre contre les grands parcs éoliens en milieux habités. « Il faut secouer le pommier. Il y a un manque de courage pour dénoncer l’orientation prise par le gouvernement qui avait une chance de retourner aux régions des redevances sur cette ressource naturelle sans toucher à des droits acquis. Il possédait un outil fantastique pour accroître l’autonomie des régions et des communautés, mais ce sera pour augmenter la richesse de promoteurs étrangers », exprime celui qui présidera cet automne un important colloque sur le développement éolien et le monde municipal qui aura lieu le 10 octobre à l’Université du Québec à Rimouski.
Tous les détails dans l'édition du 3 août de La Terre de chez nous. |  |