Producteurs de Tomates et hausse de l 'énergie

Publié le par FOSSILIST

Sur l’année la consommation varie beaucoup.

 

 Elle est très forte pendant la période hivernale et reste importante l’été du fait de la demande en gaz carbonique dans la serre.

D’après mes calculs, pour produire 1 kg de tomates, il faut brûler 10 kWh de gaz et donc émettre 640 g d’équivalent carbone, ce qui correspondrait d’une façon très approchée à la combustion de 0.7 litre de pétrole raffiné. Il faudrait ajouter à cette énergie consommée uniquement pour le chauffage, l’énergie nécessaire à la synthèse des engrais, l’énergie nécessaire au transport et in fine l’énergie consommée par les distributeurs et les consommateurs.

Nous pourrions atteindre et dépasser les 2 litres d’équivalent pétrole pour produire 1 kg de tomates.

Concernant l’électricité, l’exploitation a consommé 236 731 kWh en 2004, soit 11 557 euros. L’électricité est essentielle car elle alimente toutes les pompes ainsi que les brûleurs. Pour se prémunir des risques de coupure de courant, les serres disposent de groupes électrogènes de secours.

  • Divers (environ 150 000 euros)

Dont :

- Emballage carton : 70 000 euros (0.385 euros/unité de 6 kg de tomate)
- Entretien du matériel (tracteur/pompes/chariots) : 12 000 euros
- Eau : 2000 euros
- Engrais : 21 000 euros

Chelate de Fer

775 kg

Potasse cristalisé

7 025 kg

Engrais phospho mono potassique

4 200 kg

Nitrate de chaux

15 685 kg

Chlorure ½ Potasse ½ Calcium

8 560 kg

Magnésium

9 150 kg

Nitrate potasse cristal

7 200 kg

Divers

2 000 kg

- Assurance : 12 000 euros (pour les bâtiments et les cultures)

- Cotisation liée au groupement de producteurs : 6 700 euros

Les plans opérationnels européens :

Il s’agit d’aides de l’Europe (distribué par l’organisme ONIFLORE) qui servent à payer la lutte intégrée (bourdons et insectes), le temps d’effeuillage (pour éviter les maladies), le recyclage de la laine de roche et des plastique, et aussi 17% des emballages

Bilan

Recette (Actif)

Dépense (Passif)

800 000 à 950 000 euros

(950 tonnes de tomates)

Mise en culture : 150 000 euros

Main d’œuvre : 200 000 euros
Emprunt + MSA : 150 000 euros

Énergie : 200 000 euros

Divers : 150 000 euros

Total : 850 000 euros

Perspective de la culture de tomate hors sol

Comme j’ai pu m’en rendre compte au cours de ce stage de quatre semaines, les exploitants travaillent dans un marché très concurrentiel. Ils sont fortement encadrés par les contraintes qu’imposent le marché, mais aussi les banques et plus généralement les consommateurs par l’intermédiaire des grandes surfaces.
La culture de tomates demande beaucoup de soleil et de chaleur. Il semble que la région nantaise soit plus propice à ce type de culture que la Bretagne ou la Normandie.

La concurrence des tomates étrangères peut être redoutable. Les polonais s’équipent avec des vieilles serres hollandaises et bénéficient de tarifs gaziers avantageux. L’Espagne et le Nord de l’Afrique sont des régions très productives mais très sensibles aux maladies. Avec l’agrandissement de l’Europe, les coûts de main d’œuvre ont tendance à ce rejoindre. C’est notamment très vrai pour l’Espagne. La concurrence prochaine viendra probablement de l’Est où les coûts de main d’œuvre resteront encore longtemps inférieurs à ce qui se fait en France.

S’il y a une perspective à laquelle n’échapperont pas les serristes, c’est bien l’augmentation du coût des énergies fossiles parmi lesquelles figure le gaz naturel. Cette augmentation est inévitable de gré (parce qu’il faudra taxer l’énergie pour l’économiser dans le cadre des mesures pour lutter contre l’effet de serre) ou de force (parce que les réserves ne sont pas inépuisables). Il est souhaitable que les serristes anticipent cette hausse en réalisant dès maintenant les investissements permettant d’économiser ces énergies fossiles. Il serait possible de chauffer les serres avec la géothermie, voire la biomasse, mais cela suppose une révolution dans les pratiques culturales que la profession peine à anticiper.

En conclusion, ce stage m’a permis de voir de l’intérieur comment fonctionne une serre à tomates. J’ai pu acquérir des bases en matière de culture sous abris en étant immergé dans le langage des maraîchers. J’ai pu mesurer les progrès accomplis dans ce type de culture et j’ai bien pris conscience des contraintes qui pèsent sur cette profession.

A priori, c’est sans regrets que j’irai travailler dans un secteur maraîcher plus extensif et en contact direct avec les consommateurs.

Eric Souffleux   (texte tiré d'un dossier personnel destiné à ma responsable de formation et écrit le 20 janvier 2006 à Nantes).

Mais au fait ! La serre à tomate est-elle un puit de Carbone comme le suggèrent ces propos recueillis dans l'Agriculture44 du 8 juin 2006 ?

J'espère qu'une réponse négative est pour vous évidente compte tenu des multiples explications données dans cette page. Ce n'est pas parce qu'on injecte du gaz carbonique dans la serre que le pied de tomate va l'utiliser en totalité. Les serres sont régulièrement aérées, surtout en été, ce qui provoque une évasion du gaz carbonique directement dans l'atmosphère. 

Il y a l'équivalent d'un litre de pétrole dans un kilogramme de tomate. Comment voulez vous retrouver le contenu énergétique d'un litre d'huile dans un kilogramme de légume ? C'est impossible, la serre est un outil consommateur net d'énergie et il ne s'agit en aucun cas d'un puit de carbone comme semble le suggérer Jean-Luc Olivier.

D'après ma propre enquête, il s'agit d'une erreur de la rédactrice de l'article, une erreur qui illustre bien l'idée qu'une serre est un gouffre énergétique.

Eric Souffleux

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Dernière mise à jour : 20 août 2006
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