les problèmes sociaux les plus simples

Publié le par FOSSILIST

LES PROBLÈMES SOCIAUX LES PLUS SIMPLES SE SONT RÉVÉLÉS INSOLUBLES

136. (en) Si quelqu'un s'imagine encore qu'il est possible de réformer le système de façon à préserver la liberté de la technologie, qu'il considère les manières boiteuses et souvent inopérantes avec lesquelles notre société a essayé de gérer d'autres problèmes sociaux, de loin plus simples et plus triviaux. Ainsi, le système a été incapable d'arrêter la dégradation de l'environnement, la corruption dans la sphère politique, le trafic de drogue, et autres.

137. (en) Prenons les problèmes de l'environnement, par exemple. Ici les oppositions sont claires : les impératifs économiques contre la volonté de préserver quelques unes des ressources naturelles pour nos petits enfants. [22] Mais sur ce sujet nous avons seulement obtenu des inepties et des déclarations dilatoires de la part des gens qui ont le pouvoir, et non pas un programme d'action clair et cohérent et nous ne pouvons qu'imaginer la montagne de problèmes environnementaux qu'auront à gérer nos petits enfants. Les efforts pour résoudre les problèmes environnementaux se réduisent à des chamailleries et à des compromis entre différentes factions, les unes en position de force à un moment, les autres à un autre. L'énergie pour ce programme varie suivant les mouvements d'humeur de l'opinion publique. Ce n'est pas un processus rationnel, ou c'en est un dont on ne peut espérer une solution adéquate et satifaisante. La plupart des problèmes sociaux, s'ils veulent être « vraiment » résolus, sont rarement ou jamais résolus de façon rationnelle et claire. C'est un processus confus où de nombreux groupes de pressions poursuivant leurs intérêts propres [23] à court terme arrivent (en général par chance) à un modus vivendi plus ou moins stable. En fait, les principes que nous avons formulés dans les paragraphes 100-106 semblent nous indiquer qu'il est peu probable que les plans sociaux rationnels à long terme puissent JAMAIS prétendre au succès.

138. (en) Ainsi, il apparaît que la race humaine a au mieux une capacité très limitée de résoudre même ses problèmes sociaux les plus triviaux. Comment pourrait-elle résoudre le problème infiniment plus complexe et plus difficile que constitue la réconciliation de la liberté et de la technologie ? La technologie a des avantages clairement mis en avant, alors que la liberté est une abstraction dont la signification varie d'un individu à l'autre, et sa perte est facilement dissimulée par la propagande et les discours mensongers.

139. (en) Et notons cette importante différence. Il est possible que nos problèmes d'environnement (par exemple) soient un jour résolus grâce à un plan clair et rationnel, mais il ne le seront que parce que cela rentre dans les intérêts à long terme du système de résoudre ces problèmes. Mais ce n'est PAS dans l'intérêt du système de préserver la liberté ou l'autonomie des petits groupes. Au contraire, son intérêt est de contrôler le comportement humain sur la plus large échelle possible. [24] . Ainsi, si des considérations pratiques pourront éventuellement forcer le système à entreprendre une action pour la préservation de l'environnement, de semblables considérations forceront le système à prendre en main de façon encore plus drastique le comportement humain (de préférence par des moyens indirects qui dissimuleront l'effritement de la liberté). Ce n'est pas juste notre opinion. D'éminents sociologues (par exemple James Q. Wilson) ont insisté sur l'importance à « socialiser » la population de manière plus efficiente.


LA RÉVOLUTION EST PLUS FACILE QUE LA RÉFORME

140. (en) Nous espérons avoir convaincu le lecteur que le système ne peut être réformé de façon à concilier liberté et technologie. La seule méthode est de mettre à bas le système techno-industriel dans son ensemble. Ceci implique une révolution, pas nécessairement une insurrection armée, mais un changement radical et profond dans la nature de notre société.

141. (en) Les gens ont tendance à penser que du fait que la révolution engendre de plus grands changements que la réforme, elle est plus difficile à mettre en œuvre que cette dernière. En fait dans certaines conditions, la révolution est plus aisée que la réforme. Ceci vient de ce qu'un mouvement révolutionnaire peut inspirer bien plus d'enthousiasme qu'une réforme. Cette dernière en général n'offre qu'une solution à un problème social particulier. La révolution propose de résoudre tous les problèmes en une fois et recréer un monde nouveau ; elle procure un idéal à ceux qui prendront les plus grands risques et assumeront les plus grands sacrifices. Pour toutes ces raisons, il pourrait être plus facile de détruire tout le système technologique que de mettre en application des restrictions efficaces, durables envers le développement d'applications dans un quelconque secteur de la technologie, comme l'ingénierie génétique, alors que dans les conditions adéquates, de nombreuses personnes pourraient de dévouer corps et âme à une révolution contre le système techno-industriel. Comme nous l'avons noté dans le paragraphe 132, les réformistes qui tentent de limiter certains aspects de la technologie travaillent pour éviter des résultats négatifs. Mais les révolutionnaires se battent pour un résultat positif — l'accomplissement de leurs visées révolutionnaires — et de ce fait œuvrent plus durement et plus obstinément que les réformistes.

142. (en) Les réformes sont toujours limitées par la crainte des conséquences douloureuses si les changements sont trop importants. Mais une fois que la fièvre révolutionnaire s'est emparée d'une société, les gens sont prêts à supporter des épreuves sans nom pour la réussite de leur révolution. Cela a clairement été le cas pour les révolutions françaises ou russes. Il est possible que seule une minorité ait été impliquée dans la révolution, mais cette minorité était assez forte et activiste pour devenir la force dominante de la société. Nous en dirons plus sur la révolution dans les paragraphes 180-205.


LE CONTRÔLE DU COMPORTEMENT HUMAIN

143. (en) Depuis le début de la civilisation, les sociétés organisées ont du faire pression sur les êtres humains pour arriver à fonctionner. Les moyens de pression varient considérablement d'une société à l'autre. Certains sont physiques (sous-alimentation, travail harassant, pollution de l'environnement), certains sont psychologiques (bruit, entassement, mise au moule du comportement humain). Dans le passé la nature humaine a été à peu près contante ou a varié seulement avec une amplitude faible. En conséquence les sociétés n'étaient pas capables de contraindre les gens au delà d'une certaine limite. Quand cette limite avait été franchie, les choses commençaient à se gâter : apparaissaient rébellion, crime, corruption, absentéisme, dépression ou d'autres problèmes psychologiques, taux de mortalité élevé ou de natalité faible, et ainsi de suite, ce qui fait que soit cette société s'effondrait, soit elle déclinait et (plus ou moins rapidement, par la conquête, l'usure, ou une évolution) était remplacée par une autre, plus efficace. [25]

144. (en) Ainsi, dans le passé, la nature humaine avait mis certaines limites au développement des sociétés. Les gens ne pouvaient être contraints indéfiniment. Mais aujourd'hui, les choses ont changé, car la technologie propose des moyens de changer les êtres humais.

145. (en) Imaginons une société qui soumette les individus à des conditions qui les minent psychologiquement, mais qui leur fournit des drogues pour remonter leur moral. Science fiction ? Cela arrive de nos jours dans une large mesure au sein de notre société. Il est bien connu que les cas de dépression nerveuse ont considérablement augmenté ces dernières décades. Nous pensons que cela est du à l'effritement du processus de pouvoir ainsi que nous l'avons expliqué aux paragraphes 59-76. Mais même si nous nous trompons, il est évident que l'augmentation des cas de dépression provient de CERTAINES conditions existantes dans notre société. Au lieu de faire disparaître les conditions dépressiogènes, la société moderne leur fournit des antidépresseurs. En effet, ces substances permettent de modifier le comportement d'un individu de façon à ce qu'il tolère des conditions qui ne supporteraient pas autrement (certes nous savons que la dépression est parfois d'origine génétique, nous nous référons ici au cas où l'environnement joue un rôle prépondérant).

146. (en) Les substances psychotropes ne sont qu'un des exemples de contrôle du comportement humain. Voyons les autres.

147. (en) D'abord, il y a les techniques de surveillance. Des caméras dissimulées sont employées dans la plupart des magasins, et dans bien d'autres endroits, les ordinateurs sont utilisés pour collecter et traiter d'énormes quantités de données sur chaque individu. Les informations ainsi obtenues augmentent de manière considérable l'efficacité des moyens de coercition physique. [26] . Enfin, il y a les méthodes de propagande, dont les mass media sont les vecteurs les plus efficaces. Des techniques efficaces ont été mises au point pour gagner les élections, vendre des produits, influencer l'opinion publique. L'industrie du « divertissement » [entertainment] est un important outil psychologique du système, peut-être même lorsqu'il déverse des flots de sexe et de violence. Le « divertissement » offre à l'homme moderne parmi les meilleurs moyens d'évasion. Tant qu'il est absorbé par la télévision, les vidéos, etc., il peut oublier le stress, l'angoisse, la frustration, l'insatisfaction. La plupart des hommes primitifs, lorsqu'ils ne travaillaient pas, étaient satisfaits de rester assis à ne rien faire, car ils étaient en paix avec eux-mêmes et avec le monde. Mais la plupart des hommes modernes doivent être occupés ou divertis, sans quoi il s'ennuient, c.a.d ils deviennent nerveux, instables, irritables.

148. (en) D'autres techniques sont encore plus sournoises que les précédentes. L'éducation n'est plus simplement une affaire de fessée quand l'enfant ne connaît pas sa leçon ou de récompenses quand il la sait. C'est devenu une technique scientifique pour contrôler le développement des enfants. Les centres d'éducation Sylvan, par exemple, ont eu un grand succès en motivant les élèves pour leurs études, et des techniques psychologiques sont aussi utilisées avec plus ou moins de réussite dans les écoles traditionnelles. Les techniques « parentales » que l'on enseigne aux parents sont destinées à faire accepter aux enfants les valeurs fondamentales du système et à rester sur les voies qui lui sont utiles. Les programmes de « santé mentale », les techniques « d'intervention », la psychothérapie, et autres sont présentées comme étant bénéfiques pour l'individu, mais en pratique ne sont que des méthodes visant à contraindre les individus à penser et à se comporter comme le système le désire (Il n'y a aucune contradiction ; un individu dont le comportement ou les actions entrent en conflit avec le système se trouve face à face avec une puissance bien trop forte pour lui permettre de s'imposer ou de fuir, ce qui fait qu'il souffre alors de stress, de frustration, de sentiment d'impuissance. Sa vie de tous les jours sera bien plus facile s'il fait ce que le système attend de lui. Ainsi, le système travaille pour le bien des individus en leur lavant le cerveau pour s'assurer de leur conformisme). Les brutalités contre les enfants sous leurs formes « évidentes » sont condamnées par la majorité, si ce n'est toutes les cultures. Tourmenter un enfant, pour une raison donnée ou sans raison, est quelque chose qui répugne à presque tout le monde. Mais beaucoup de psychologues interprètent le terme de « brutalité » de manière beaucoup plus large. Est-ce qu'une fessée, quand elle est autorisée par un système d'éducation cohérent et rationnel, doit être considérée comme une brutalité ? La question ne peut-être résolue qu'en considérant qu'une fessée est un bon moyen ou non pour permettre à une personne de s'insérer convenablement dans une société donnée. En pratique, le mot « brutalité » tend à être interprété comme tout moyen de « dressage » des enfants qui génère des comportements nuisibles au système. Ainsi, lorsqu'ils veulent s'en prendre à la cruauté brute, sans motif, les programmes pour prévenir la brutalité contre les enfants, sont dans la ligne du système.

149. (en) Il est probable que la recherche continuera pour augmenter l'efficience des techniques psychologiques pour contrôler le comportement humain. Mais nous pensons que les techniques psychologiques seules sont insuffisantes pour adapter les êtres humains au type de société que secrète la technologie. Des méthodes biologiques seront certainement utilisées. Nous avons déjà fait mention des médicaments. La neurologie peut fournir d'autres voies pour modifier l'esprit humain. L'ingénierie génétique est déjà en train de se mettre en place sous la forme du « soin génétique », et il n'y a pas de raison de penser que de telles méthodes ne seront pas utilisées pour modifier le corps de façon à affecter le fonctionnement mental.

150. (en) Comme nous l'avons mentionné au paragraphe 134, la société industrielle semble devoir entrer dans une période de turbulences, due en partie aux problèmes du comportement humain, et aussi à ceux de l'économie et de l'environnement. Et une large part des problèmes économiques et environnementaux du système provient de la façon dont se comportent les êtres humains. L'aliénation, la faible estime de soi, la dépression, l'hostilité, la rébellion ; les enfants qui ne veulent pas étudier, les gangs de jeunes, la consommation de drogue, les viols, les sévices à l'encontre des enfants, les autres délits, le sexe unsafe, les grossesses chez les adolescentes, la surpopulation, la corruption de la classe politique, la haine raciale, les rivalités ethniques, les conflits idéologiques aigus (pour ou contre l'avortement, par exemple), l'extrémisme politique, le terrorisme, le sabotage, les groupes anti-gouvernementaux ou anti-sociaux. Tout cela constitue une menace pour la survie du système. Il va être FORCE de prendre des mesures efficaces pour contrôler le comportement humain.

151. (en) La décomposition sociale que nous observons à l'heure actuelle n'est certainement pas due à la malchance. Elle ne peut être due qu'aux conditions de vie que le système impose aux gens.(nous avons souligné que la plus importante de ces conditions est la destruction du processus de pouvoir). Si le système réussit à imposer un contrôle suffisant pour contrôler le comportement humain de façon à assurer sa propre survie, un nouveau seuil de l'histoire aura été franchi. Puisque, en gros, les limites de l'endurance humaine ont été celles du développement social (comme nous l'avons expliqué aux paragraphes 143,144), la société techno-industrielle devra dépasser ces limites en modifiant les êtres humains, que ce soit par des moyens psychologiques ou biologiques, ou les deux. Dans le futur, le social ne s'adaptera pas aux besoins des individus, mais ces derniers s'ajusteront pour répondre aux demandes du système. [27]

152. (en) De manière générale, le contrôle technologique sur le comportement humain n'est pas le produit d'un totalitarisme conscient ou même pour ouvertement restreindre les libertés [28] . Chaque pas sur le chemin de la prise de contrôle de l'esprit humain a été pensé comme une réponse rationnelle à un problème qui se posait à une société, comme limiter l'alcoolisme, réduire la criminalité ou inciter la jeunesse à s'engager dans des études techno-scientifiques. Dans beaucoup de cas, des justifications humanitaires ont pu être mises en avant. Par exemple, quand un psychiatre prescrit un antidépresseur, il vient en aide à un patient souffrant. Il semblerait inhumain de priver de médicaments quelqu'un qui en a besoin. Quand des parents envoient leurs enfants aux centres d'éducation Sylvan de façon à ce qu'ils soient manipulés pour s'aliéner dans leurs études, ils le font pour assurer un avenir à leur progéniture. Peut-être que certains de ces parents espèrent que personne n'a besoin de suivre un apprentissage dégradant pour obtenir un job, et que leur enfant ne subira pas un lavage de cerveau pour devenir un demeuré de l'ordinateur. Mais que peuvent-ils faire ? Ils ne peuvent changer la société, et leurs enfants seront chômeurs s'ils n'acquièrent pas certaines capacités. Alors ils les envoient à Sylvan.

153. (en) Ainsi, le contrôle du comportement humain se fera non pas du fait d'une décision calculée des autorités, mais au fur et à mesure d'une évolution sociale (une évolution RAPIDE, toutefois). Il sera impossible de lui résister, car chaque étape, considérée en elle-même, apparaîtra comme bénéfique, à plus ou moins long terme, ou du moins, le mal créé par cette avancée semblera moindre que celui qui aurait été produit si elle n'avait pas eu lieu (voir paragraphe 127). La propagande par exemple sert pour de bonnes causes, comme s'opposer aux mauvais traitements contre les enfants ou la haine raciale [14] . L'éducation sexuelle est évidemment utile, mais son effet (du moins dans sa partie positive) est de faire se modeler les comportements sexuels hors de la famille pour qu'ils le soient par les mains de l'état, par le biais du système scolaire.

154. (en) Supposons qu'on découvre un « gène de la criminalité » et qu'on ait aussi le moyen de prévenir cela [29] . Evidemment les parents des enfants « atteints » seront soumis à cette thérapie. Il serait inhumain de procéder autrement et de laisser l'enfant grandir pour finir comme un misérable criminel. Mais beaucoup, si ce n'est la plupart des sociétés primitives avaient une faible criminalité en comparaison de la nôtre, même si elles n'avaient aucun moyen sophistiqué de suivi des enfants, ni de systèmes élaborés de répression. Comme il n'y a pas de raison de supposer que l'homme moderne ait plus de dispositions innées que son ancêtre pour le mal, notre forte criminalité doit être due à la pression que la modernité fait peser sur les gens, dont beaucoup ne peuvent, ni ne pourront s'adapter. Ainsi un traitement pour annihiler des dispositions criminelles potentielles est, au moins en partie, un moyen de reformater les gens pour qu'ils soient « aptes » au système.

155. (en) Notre société a tendance à regarder comme une « maladie » quelque mode de pensée ou quelque comportement qui n'est pas conforme, et il est plausible qu'un individu qui ne s'adaptera pas souffrira en même temps qu'il posera des problèmes au système. De cette façon, toutes les formes de manipulations à l'encontre des individus sont perçues comme un « traitement » contre une « maladie », et donc comme un bien.

156. (en) Dans le paragraphe 127, nous avons souligné que l'utilisation d'un nouvel objet technologique est INITIALEMENT optionnelle, mais qu'elle ne le reste pas car cette nouvelle technologie tend à changer la société de façon à ce qu'il devienne difficile ou impossible pour un individu de se passer de cette technologie. Ceci s'applique aussi à la technologie du contrôle humain. Dans un système où la majorité des enfants sont programmés pour se passionner pour leurs études, un parent sera obligé de faire passer son enfant par un tel chemin, parce qu'il ne peut faire autrement, sans quoi, son enfant deviendra, par comparaison, un ignorant et, à terme, un chômeur. Ou supposons qu'on trouve un moyen de réduire le stress dont souffrent la plupart des gens, et ce sans effets indésirables. Si la majorité se soumet au traitement, le niveau général de stress s'en trouvera effectivement amoindri et le système pourra relever le niveau de stress induit en conséquence. En fait, un moyen de réduction du stress existe déjà : le divertissement de masse (voir paragraphe 147). Son utilisation est « optionnelle » : aucune loi ne nous oblige à regarder la télévision, écouter la radio ou lire les magazines. Mais le divertissement de masse est un moyen de réduire le stress et de s'évader dont beaucoup sont devenus dépendants. Tout le monde se plaint de la nullité de la télévision, mais presque tout le monde la regarde. Quelques uns se sont débarrassés de l'accoutumance à la télévision, mais ils sont rares ceux qui parviennent à vivre aujourd'hui sans user d'AUCUNE forme du divertissement de masse (jusqu'à récemment, la plupart des gens se satisfaisaient de ce qu'ils trouvaient dans leur entourage proche). Sans l'industrie du spectacle, le système n'aurait pas été capable de nous contraindre à un tel stress que celui que nous subissons.

157. (en) En supposant que la société techno-industrielle survive, il est hautement probable que la technologie acquerra un contrôle presque absolu sur le comportement humain. Il a été établi, sans le moindre doute, que la pensée et le comportement humain ont un fondement majoritairement biologique. Comme l'ont démontré de nombreuses expériences, des sentiments comme la colère, le plaisir, la faim et la peur peuvent être activées ou désactivées grâce à des stimulus électriques sur les parties appropriées du cerveau. De même pour la mémoire. Des drogues peuvent provoquer des hallucinations ou simplement changer l'humeur. Il peut exister ou non une âme immatérielle, mais il est clair qu'elle a moins de force que les mécanismes biologiques. Si ce n'était pas le cas, les chercheurs n'arriveraient pas si facilement à contrôler les pensées et comportements humains par des moyens chimiques ou électriques.

158. (en) Il est probable qu'il sera difficile de placer des électrodes dans la tête des gens de façon à pouvoir les contrôler. Mais le fait que les sentiments et pensées humaines soient si ouvertes aux interventions biologiques montre que le problème du contrôle de l'humain relève essentiellement du domaine technologique ; un « simple » problème de neurones, d'hormones, et de molécules complexes ; le genre de problème parfaitement solvable de manière scientifique. En gardant en tête cette obsession de notre société pour le contrôle social, on peut pronostiquer sans le moindre risque que de grandes avancées dans ce domaine ne vont pas tarder à être faites.

159. (en) Est ce que la résistance populaire empêchera le contrôle technologique du comportement humain ? Ce serait le cas si l'on tentait d'imposer un tel contrôle d'un coup. Mais comme ce dernier s'insinuera progressivement, il n'y aura aucune résistance au bout du compte (voir paragraphes 127, 132, 153).

160. (en) A ceux qui pensent que tout cela relève de la science-fiction, nous ferons remarquer que la science-fiction d'hier est devenue la réalité d'aujourd'hui. La révolution industrielle a complètement modifié l'environnement et le mode de vie de l'homme, et comme on peut s'attendre à ce que la technologie soit appliquée au corps et à l'esprit humain, l'homme lui-même sera aussi radicalement modifié que l'ont été son environnement et son mode de vie.


LA RACE HUMAINE À UN CARREFOUR

161. (en) Mais nous sommes allés trop vite dans notre histoire. C'est une chose de développer en laboratoire des techniques psychologiques et/ou biologiques pour contrôler le comportement humain, c'en est une autre de les insérer dans un système social. Ce dernier problème est le plus ardu des deux. Par exemple, tandis que des techniques adéquates fonctionnent sans doute assez bien dans les « écoles labos », il n'est pas forcément évident de les appliquer à l'ensemble de notre système scolaire. Nous savons tous à quoi ressemblent nos écoles. Les professeurs sont trop occupés à confisquer les couteaux et les revolvers aux enfants pour pouvoir les soumettre aux dernières techniques qui les transformeront en « pc-zombies ». Ainsi, malgré son avance théorique dans le domaine des techniques de contrôle comportemental, le système n'a pas vraiment été victorieux dans sa croisade pour le contrôle effectif de l'homme. Les gens dont le comportement est globalement celui qu'on lui a inculqué sont ceux qu'on pourrait appeler des « bourgeois ». Mais il y a un nombre croissant de gens qui d'une manière ou d'une autre se comportent en rebelles : laissés pour compte, jeunes des gangs, satanistes, nazis, écologistes radicaux, miliciens, etc.

162. (en) Le système est actuellement engagé dans un combat désespéré pour résoudre des problèmes qui le menacent, parmi lesquels celui du contrôle comportemental est le plus important. Si le système réussit assez rapidement dans son entreprise de contrôle du comportement humain, il pourra probablement survivre. Nous pensons que cela pourrait se faire d'ici quelques décades, disons 40 à 100 ans.

163. (en) Supposons que le système survive à la crise des prochaines décades. Il devra donc avoir résolu, ou du moins maîtrisé, les principaux problèmes, particulièrement celui de « socialiser » les êtres humains. ; c.a.d avoir rendu les gens suffisamment dociles pour qu'ils ne constituent plus une menace. Ceci fait, il apparaît qu'il ne pourra plus y avoir aucun obstacle au développement sans frein de la technologie, et sa conclusion logique qui est le contrôle absolu de tout ce qui vit sur terre, y compris les hommes et les animaux supérieurs. Le système pourra devenir une organisation monolithique ou un ensemble de conglomérats coexistants dans un mélange de coopération et de compétition, comme actuellement le gouvernements, les trusts, et autres groupes de pression. La liberté humaine sera pratiquement anéantie, car l'individu ou les petits groupes seront impuissants contre les gigantesques organisations disposant de moyens hi-tech et d'un arsenal de moyens psychologiques et biologiques pour manipuler les êtres humains, en plus des outils de surveillance et de coercition proprement dite. Seul un nombre limité de gens auront un pouvoir réel, et même ceux-ci n'auront qu'une liberté limitée, car leur comportement sera par trop régulé, comme de nos jours nos politiciens ou nos dirigeants de multinationales.

164. (en) Ne nous imaginons pas que le système s'arrêtera de développer des moyens de contrôle comportemental une fois la crise des prochaines décades achevée, et qu'un contrôle croissant ne sera plus nécessaire à sa survie. Au contraire, une fois la période difficile passée, le système augmentera sa puissance de contrôle encore plus vite, car il ne sera plus freiné par ce que nous connaissons actuellement. La survie n'est pas la seule motivation pour étendre son pouvoir. Comme nous l'avons expliqué aux paragraphes 87-90, les techniciens et les scientifiques vivent leur travail comme une activité compensatrice ; c.-à-d qu'ils satisfont leur besoin de pouvoir en résolvant des problèmes techniques. Il continueront donc à le faire avec un enthousiasme intact, et parmi les problèmes les plus « exaltants » à résoudre, se trouveront les « comment » du corps et de l'esprit humain, et la manière de s'y immiscer. Pour « le bien de l'humanité », bien entendu.

165. (en) Mais d'un autre côté, supposons que la lutte des prochaines décades s'avère trop forte pour le système. S'il s'effondre, il y aura certainement une période de chaos, une « ère de troubles » comme l'histoire en a déjà enregistrées dans le passé. Il est impossible de prédire ce qui émergera de cette période troublée, mais la race humaine n'aura pas d'autre chance. Le plus grand danger serait que la société industrielle se reconstitue peu à peu après l'effondrement. Il y a certainement de nombreuses personnes (avides de pouvoir tout particulièrement) qui seront pressés de voir les usines fonctionner de nouveau.

166. (en) Par conséquent, ceux qui haïssent la servitude qu'impose le système s'attelleront à deux tâches. Premièrement, ils doivent maintenir une tension sociale de façon à affaiblir le système pour que la révolution devienne possible. Deuxièmement, il est nécessaire de développer et de propager une idéologie qui s'oppose à la propagande techno-industrielle et qui permettra de l'éradiquer à jamais. Les usines doivent être détruites, les livres techniques brûlés, etc.


LA SOUFFRANCE DE L'HOMME

167. (en) Le système techno-industriel ne s'effondrera pas simplement du fait d'une révolution. Il n'y sera vulnérable que si ses propres problèmes de développement interne l'ont conduit à de graves dysfonctionnements. Ainsi, si le système s'écroule, il le fera soit spontanément, soit suivant un processus en partie spontané, mais avec l'aide de révolutionnaires. Si la chute est soudaine, de nombreuses personnes mourront, puisque

LES PROBLÈMES SOCIAUX LES PLUS SIMPLES SE SONT RÉVÉLÉS INSOLUBLES

136. (en) Si quelqu'un s'imagine encore qu'il est possible de réformer le système de façon à préserver la liberté de la technologie, qu'il considère les manières boiteuses et souvent inopérantes avec lesquelles notre société a essayé de gérer d'autres problèmes sociaux, de loin plus simples et plus triviaux. Ainsi, le système a été incapable d'arrêter la dégradation de l'environnement, la corruption dans la sphère politique, le trafic de drogue, et autres.

137. (en) Prenons les problèmes de l'environnement, par exemple. Ici les oppositions sont claires : les impératifs économiques contre la volonté de préserver quelques unes des ressources naturelles pour nos petits enfants. [22] Mais sur ce sujet nous avons seulement obtenu des inepties et des déclarations dilatoires de la part des gens qui ont le pouvoir, et non pas un programme d'action clair et cohérent et nous ne pouvons qu'imaginer la montagne de problèmes environnementaux qu'auront à gérer nos petits enfants. Les efforts pour résoudre les problèmes environnementaux se réduisent à des chamailleries et à des compromis entre différentes factions, les unes en position de force à un moment, les autres à un autre. L'énergie pour ce programme varie suivant les mouvements d'humeur de l'opinion publique. Ce n'est pas un processus rationnel, ou c'en est un dont on ne peut espérer une solution adéquate et satifaisante. La plupart des problèmes sociaux, s'ils veulent être « vraiment » résolus, sont rarement ou jamais résolus de façon rationnelle et claire. C'est un processus confus où de nombreux groupes de pressions poursuivant leurs intérêts propres [23] à court terme arrivent (en général par chance) à un modus vivendi plus ou moins stable. En fait, les principes que nous avons formulés dans les paragraphes 100-106 semblent nous indiquer qu'il est peu probable que les plans sociaux rationnels à long terme puissent JAMAIS prétendre au succès.

138. (en) Ainsi, il apparaît que la race humaine a au mieux une capacité très limitée de résoudre même ses problèmes sociaux les plus triviaux. Comment pourrait-elle résoudre le problème infiniment plus complexe et plus difficile que constitue la réconciliation de la liberté et de la technologie ? La technologie a des avantages clairement mis en avant, alors que la liberté est une abstraction dont la signification varie d'un individu à l'autre, et sa perte est facilement dissimulée par la propagande et les discours mensongers.

139. (en) Et notons cette importante différence. Il est possible que nos problèmes d'environnement (par exemple) soient un jour résolus grâce à un plan clair et rationnel, mais il ne le seront que parce que cela rentre dans les intérêts à long terme du système de résoudre ces problèmes. Mais ce n'est PAS dans l'intérêt du système de préserver la liberté ou l'autonomie des petits groupes. Au contraire, son intérêt est de contrôler le comportement humain sur la plus large échelle possible. [24] . Ainsi, si des considérations pratiques pourront éventuellement forcer le système à entreprendre une action pour la préservation de l'environnement, de semblables considérations forceront le système à prendre en main de façon encore plus drastique le comportement humain (de préférence par des moyens indirects qui dissimuleront l'effritement de la liberté). Ce n'est pas juste notre opinion. D'éminents sociologues (par exemple James Q. Wilson) ont insisté sur l'importance à « socialiser » la population de manière plus efficiente.


LA RÉVOLUTION EST PLUS FACILE QUE LA RÉFORME

140. (en) Nous espérons avoir convaincu le lecteur que le système ne peut être réformé de façon à concilier liberté et technologie. La seule méthode est de mettre à bas le système techno-industriel dans son ensemble. Ceci implique une révolution, pas nécessairement une insurrection armée, mais un changement radical et profond dans la nature de notre société.

141. (en) Les gens ont tendance à penser que du fait que la révolution engendre de plus grands changements que la réforme, elle est plus difficile à mettre en œuvre que cette dernière. En fait dans certaines conditions, la révolution est plus aisée que la réforme. Ceci vient de ce qu'un mouvement révolutionnaire peut inspirer bien plus d'enthousiasme qu'une réforme. Cette dernière en général n'offre qu'une solution à un problème social particulier. La révolution propose de résoudre tous les problèmes en une fois et recréer un monde nouveau ; elle procure un idéal à ceux qui prendront les plus grands risques et assumeront les plus grands sacrifices. Pour toutes ces raisons, il pourrait être plus facile de détruire tout le système technologique que de mettre en application des restrictions efficaces, durables envers le développement d'applications dans un quelconque secteur de la technologie, comme l'ingénierie génétique, alors que dans les conditions adéquates, de nombreuses personnes pourraient de dévouer corps et âme à une révolution contre le système techno-industriel. Comme nous l'avons noté dans le paragraphe 132, les réformistes qui tentent de limiter certains aspects de la technologie travaillent pour éviter des résultats négatifs. Mais les révolutionnaires se battent pour un résultat positif — l'accomplissement de leurs visées révolutionnaires — et de ce fait œuvrent plus durement et plus obstinément que les réformistes.

142. (en) Les réformes sont toujours limitées par la crainte des conséquences douloureuses si les changements sont trop importants. Mais une fois que la fièvre révolutionnaire s'est emparée d'une société, les gens sont prêts à supporter des épreuves sans nom pour la réussite de leur révolution. Cela a clairement été le cas pour les révolutions françaises ou russes. Il est possible que seule une minorité ait été impliquée dans la révolution, mais cette minorité était assez forte et activiste pour devenir la force dominante de la société. Nous en dirons plus sur la révolution dans les paragraphes 180-205.


LE CONTRÔLE DU COMPORTEMENT HUMAIN

143. (en) Depuis le début de la civilisation, les sociétés organisées ont du faire pression sur les êtres humains pour arriver à fonctionner. Les moyens de pression varient considérablement d'une société à l'autre. Certains sont physiques (sous-alimentation, travail harassant, pollution de l'environnement), certains sont psychologiques (bruit, entassement, mise au moule du comportement humain). Dans le passé la nature humaine a été à peu près contante ou a varié seulement avec une amplitude faible. En conséquence les sociétés n'étaient pas capables de contraindre les gens au delà d'une certaine limite. Quand cette limite avait été franchie, les choses commençaient à se gâter : apparaissaient rébellion, crime, corruption, absentéisme, dépression ou d'autres problèmes psychologiques, taux de mortalité élevé ou de natalité faible, et ainsi de suite, ce qui fait que soit cette société s'effondrait, soit elle déclinait et (plus ou moins rapidement, par la conquête, l'usure, ou une évolution) était remplacée par une autre, plus efficace. [25]

144. (en) Ainsi, dans le passé, la nature humaine avait mis certaines limites au développement des sociétés. Les gens ne pouvaient être contraints indéfiniment. Mais aujourd'hui, les choses ont changé, car la technologie propose des moyens de changer les êtres humais.

145. (en) Imaginons une société qui soumette les individus à des conditions qui les minent psychologiquement, mais qui leur fournit des drogues pour remonter leur moral. Science fiction ? Cela arrive de nos jours dans une large mesure au sein de notre société. Il est bien connu que les cas de dépression nerveuse ont considérablement augmenté ces dernières décades. Nous pensons que cela est du à l'effritement du processus de pouvoir ainsi que nous l'avons expliqué aux paragraphes 59-76. Mais même si nous nous trompons, il est évident que l'augmentation des cas de dépression provient de CERTAINES conditions existantes dans notre société. Au lieu de faire disparaître les conditions dépressiogènes, la société moderne leur fournit des antidépresseurs. En effet, ces substances permettent de modifier le comportement d'un individu de façon à ce qu'il tolère des conditions qui ne supporteraient pas autrement (certes nous savons que la dépression est parfois d'origine génétique, nous nous référons ici au cas où l'environnement joue un rôle prépondérant).

146. (en) Les substances psychotropes ne sont qu'un des exemples de contrôle du comportement humain. Voyons les autres.

147. (en) D'abord, il y a les techniques de surveillance. Des caméras dissimulées sont employées dans la plupart des magasins, et dans bien d'autres endroits, les ordinateurs sont utilisés pour collecter et traiter d'énormes quantités de données sur chaque individu. Les informations ainsi obtenues augmentent de manière considérable l'efficacité des moyens de coercition physique. [26] . Enfin, il y a les méthodes de propagande, dont les mass media sont les vecteurs les plus efficaces. Des techniques efficaces ont été mises au point pour gagner les élections, vendre des produits, influencer l'opinion publique. L'industrie du « divertissement » [entertainment] est un important outil psychologique du système, peut-être même lorsqu'il déverse des flots de sexe et de violence. Le « divertissement » offre à l'homme moderne parmi les meilleurs moyens d'évasion. Tant qu'il est absorbé par la télévision, les vidéos, etc., il peut oublier le stress, l'angoisse, la frustration, l'insatisfaction. La plupart des hommes primitifs, lorsqu'ils ne travaillaient pas, étaient satisfaits de rester assis à ne rien faire, car ils étaient en paix avec eux-mêmes et avec le monde. Mais la plupart des hommes modernes doivent être occupés ou divertis, sans quoi il s'ennuient, c.a.d ils deviennent nerveux, instables, irritables.

148. (en) D'autres techniques sont encore plus sournoises que les précédentes. L'éducation n'est plus simplement une affaire de fessée quand l'enfant ne connaît pas sa leçon ou de récompenses quand il la sait. C'est devenu une technique scientifique pour contrôler le développement des enfants. Les centres d'éducation Sylvan, par exemple, ont eu un grand succès en motivant les élèves pour leurs études, et des techniques psychologiques sont aussi utilisées avec plus ou moins de réussite dans les écoles traditionnelles. Les techniques « parentales » que l'on enseigne aux parents sont destinées à faire accepter aux enfants les valeurs fondamentales du système et à rester sur les voies qui lui sont utiles. Les programmes de « santé mentale », les techniques « d'intervention », la psychothérapie, et autres sont présentées comme étant bénéfiques pour l'individu, mais en pratique ne sont que des méthodes visant à contraindre les individus à penser et à se comporter comme le système le désire (Il n'y a aucune contradiction ; un individu dont le comportement ou les actions entrent en conflit avec le système se trouve face à face avec une puissance bien trop forte pour lui permettre de s'imposer ou de fuir, ce qui fait qu'il souffre alors de stress, de frustration, de sentiment d'impuissance. Sa vie de tous les jours sera bien plus facile s'il fait ce que le système attend de lui. Ainsi, le système travaille pour le bien des individus en leur lavant le cerveau pour s'assurer de leur conformisme). Les brutalités contre les enfants sous leurs formes « évidentes » sont condamnées par la majorité, si ce n'est toutes les cultures. Tourmenter un enfant, pour une raison donnée ou sans raison, est quelque chose qui répugne à presque tout le monde. Mais beaucoup de psychologues interprètent le terme de « brutalité » de manière beaucoup plus large. Est-ce qu'une fessée, quand elle est autorisée par un système d'éducation cohérent et rationnel, doit être considérée comme une brutalité ? La question ne peut-être résolue qu'en considérant qu'une fessée est un bon moyen ou non pour permettre à une personne de s'insérer convenablement dans une société donnée. En pratique, le mot « brutalité » tend à être interprété comme tout moyen de « dressage » des enfants qui génère des comportements nuisibles au système. Ainsi, lorsqu'ils veulent s'en prendre à la cruauté brute, sans motif, les programmes pour prévenir la brutalité contre les enfants, sont dans la ligne du système.

149. (en) Il est probable que la recherche continuera pour augmenter l'efficience des techniques psychologiques pour contrôler le comportement humain. Mais nous pensons que les techniques psychologiques seules sont insuffisantes pour adapter les êtres humains au type de société que secrète la technologie. Des méthodes biologiques seront certainement utilisées. Nous avons déjà fait mention des médicaments. La neurologie peut fournir d'autres voies pour modifier l'esprit humain. L'ingénierie génétique est déjà en train de se mettre en place sous la forme du « soin génétique », et il n'y a pas de raison de penser que de telles méthodes ne seront pas utilisées pour modifier le corps de façon à affecter le fonctionnement mental.

150. (en) Comme nous l'avons mentionné au paragraphe 134, la société industrielle semble devoir entrer dans une période

Publicité

Publié dans FOSSILISME

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article