Futur : optimiste ou pessimiste
Un Futur Optimiste
D'un point de vue optimiste, le monde deviendrait soudain conscient de la déplétion, à l'image de ce qui s'est passé pour le réchauffement du climat, longtemps ignoré, et soudainement, dans les années 1990, du jour au lendemain, sur toutes les langues. Il suffirait d'un politicien ou d'un scientifique influent qui en fasse son « cheval de bataille » pour créer un effet boule de neige. Une fois les gens conscients du problème, les gouvernements auraient toute la légitimité requise pour décréter des lois en faveur des économies d'énergies, et des traités visant à une répartition équitable et évolutive des ressources restantes seraient signés entre les pays producteurs et consommateurs de pétrole pour prévenir les guerres d'approvisionnement.
Des stratégies de diminution drastique de la population devront aussi être mises en place pour réduire la croissante demande d'énergie et de nourriture. Pour le mode de vie d’un Français généralisé à tous les Terriens il faudrait trois planètes, pour celui des Américains sept… Notre mode de vie devra donc changer, mais les menaces seront tellement graves que nous seront forcés de le faire. Finalement, une population humaine réduite, plus stable, devrait alors émerger (estimée à seulement deux milliards d'individus).
Naturellement, de telles hypothèses ne prennent pas en compte la possibilité d’une Intervention extra-terrestre, et encre moins supra-terrestre…
Un Futur Pessimiste
Le monde continue son chemin prodigue, aveugle, ignorant les signes précurseurs jusqu'à ce que le déclin soit bien entamé et impossible à ignorer. Ce sera alors la panique, et les pays vont désespérément tenter de sécuriser le pétrole restant pour leurs propres besoins, dans une stratégie nationaliste plutôt qu'une politique mondiale de survie. Des guerres éclateront entre les ennemis, et des barrières douanières s'élèveront entre les « amis », dans une tentative des sociétés de repousser l'inéluctable changement et de prolonger le monde actuel le plus longtemps possible.
Les guerres, famines, pénuries et migrations de masse détruiront notre société industrielle complexe, jusqu'à ce que nous nous retrouvions avec une population estimée, là encore, à deux milliards ou moins d'individus organisés en société médiévale (ou pire).
Malheureusement, l’hypothèse pessimiste est, aujourd’hui, la plus réaliste.
L'Exemple de la Couche d'Ozone
À quelle vitesse les gouvernements de la Terre peuvent-ils réagir ?
L'exemple du trou dans la couche d'ozone et la réponse des gouvernements est un bon exemple de ce que nous pouvons faire et devrons faire pour combattre la déplétion du pétrole. C'est aussi un exemple de l'un des plus grands obstacles.
L'ozone est une forme particulière d'oxygène se trouvant dans la haute atmosphère et nous protégeant des dangereux rayons ultraviolets du Soleil. Malheureusement, cette couche est détruite par les CFC, un composé qui était largement utilisé au siècle dernier, par exemple dans les réfrigérateurs, les aérosols, la fabrication de mousses et d' extincteurs. Personne n'était conscient des dommages jusqu'en 1974, quand deux publications scientifiques ont démontré que les atomes de chlore détruisaient les atomes d'ozone ; les CFC se dispersaient toujours dans l’atmosphère et relâchaient des atomes de chlore. Les communautés scientifiques et environnementales ont commencé à faire pression pour arrêter la fabrication de CFC mais, bien sûr, l'industrie résistait au changement. En 1978 les CFC ont été interdits comme agent propulseur pour les aérosols aux USA, mais cela n'a eu qu'un effet modéré sur le reste du monde.
En 1984, le « trou » dans la couche d'ozone à été découvert au-dessus de l'Antarctique et d’effrayantes photographies ont alors été publiées. Cela a créé une nouvelle impulsion pour arrêter les CFC et, en 1987, enfin, le Protocole de Montréal a amené le premier accord mondial de réduction de ces composants (bien que la plupart des pays du tiers monde ne l'aient pas signé). Finalement, plus les preuves des dommages grandissaient, une réunion à Londres entre 92 gouvernements à débouché sur la suppression progressive de tous les CFC et d'autres produits chimiques dangereux. La couche d'ozone est toujours endommagée en raison du décalage dans l’atmosphère, mais, au moins, nous ralentissons le processus d’endommagement et sommes donc, à cet égard, sur le bon chemin.
Ceci est un exemple particulièrement significatif de comment nous pourrons faire face à la déplétion. Les gouvernements peuvent agir ensemble quand ils en ont l'envie, les puissantes industries peuvent changer, des alternatives peuvent être trouvées. Mais la mauvaise nouvelle de l'histoire de l'ozone est sa durée. Il a fallu pas moins de treize années entre le premier article scientifique et le Protocole de Montréal. Il faudra environ une génération pour arrêter complètement la production des CFC. Il faudra plus d'un siècle pour éliminer le chlore de l'atmosphère. Actuellement, la majorité du monde n'est pas conscient de la déplétion du pétrole. Il pourrait déjà être trop tard. S'il faut 30 ans pour commencer à faire quelque chose contre le déclin du pétrole, il n'y a que peu d'espoir.
La « Grande Puanteur »
Autre exemple particulièrement significatif : La « Grande Puanteur ». Durant des siècles, la Tamise a été utilisée comme gigantesque égout, entraînant maladies et des odeurs pestilentielles. En raison des coûts et inconvénients, le Gouvernement repoussait sans cesse la décision de résoudre les problèmes de ce système d'égouts. Puis, en 1858, l'été particulièrement chaud créa une telle puanteur sur la Tamise que même les Membres du Parlement se trouvant au bord de la Tamise en furent eux-mêmes affectés, forcés de lever leur séance à cause de l’insoutenable odeur... Avec pour bénéfique résultat que l'argent et la volonté de construire un réseau d'égouts moderne furent enfin immédiatement trouvés !
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