prospective fusion nucléaire
FUSION NUCLEAIRE PROSPECTIVE
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Le plus grand réacteur actuel, le JET (Joint European Torus) situé en Angleterre, a tout juste permis d'atteindre le seuil où il fournissait l'énergie utilisée pour chauffer le plasma, mais était encore loin du seuil de rentabilité où il faudrait récupérer l'ensemble de l'énergie nécessaire au fonctionnement de l'appareil. Le nouveau projet international,ITER, doit être construit en France sur le site de Cadarache et devrait fonctionner en 2020, mais ce ne sera toujours qu'un réacteur expérimental. Un prototype industriel pourrait voir le jour en 2050, mais personne n'envisage sérieusement une production industrielle avant 2100, sous réserves que de nombreux problèmes techniques soient résolus.
En tout état de cause, les problèmes posés par la déplétion pétrolière se seront posés bien avant qu'on puisse espérer le moindre MW utilisable d'un réacteur de fusion.
Parmi les problèmes potentiels de la fusion figurent de plus :
- la maîtrise des conditions de fusion pendant un temps assez long, qui n'a toujours pas été démontrée.
- la radioactivité : contrairement à la fission, la fusion n'utilise pas, et ne produit pas d'isotopes lourds qui ont une radioactivité très longue. Néanmoins, les neutrons produits vont provoquer des transmutations dans tous les matériaux entourant le réacteurs.
- Bien que moins radioactifs, il faudra néanmoins traiter ces déchets. Le tritium est lui extrêmement radioactif, et toute fuite pourrait avoir de graves conséquences sur l'environnement du réacteur.
- le problème de l'érosion des parois : les conditions extrêmes du réacteur conduisent à l'évaporation de tous les matériaux constituant les parois, conduisant à une abrasion qui pourrait atteindre plusieurs cm par an. Il faudrait donc les renouveler régulièrement, avec le problème du coût et de la gestion des déchets produits.
- comme toute centrale, la fusion ne produit que de l'électricité , et ne remplace donc pas le pétrole pour les carburants liquides. Il faudrait également maîtriser une filière basée sur l'hydrogène, ce qui est loin d'être acquis.
La fusion reste donc un procédé extrêmement complexe à maîtriser, encore au stade des expériences. Personne n'est capable de dire si l'environnement technologique et industriel indispensable à la construction d'un réacteur à fusion pourra être maintenu jusqu'à la fin du siècle. De nombreux scientifiques pensent que ce procédé ne conduira jamais à une source quantitative d'énergie pour le futur. En tout état de cause, ce ne sera certainement pas une solution dans l'immédiat.
Le Département de l'Energie états-unien finance un important programme de recherche piloté par les Laboratoires Sandia, souvent dénommé Z-Machine. Même si l'application première de ce programme relève du militaire, certains pensent que les percées réalisées dans ce programme, notamment au niveau des très hautes températures, pourraient avoir des retombées à long terme dans le domaine civil de la production d'électricité ; il est aujourd'hui encore trop tôt pour se prononcer.
- La Z-Machine (Wikipédia)