PEAK OIL :début( dissimulé ) des effets sur services médicaux

Publié le par FOSSILIST

http://www.quotimed.com/journal/index.cfm?fuseaction=viewarticle&Dartidx=400079

 

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La charge croissante des frais de déplacement

La flambée de l'or noir inquiète les blouses blanches

L'envolée du prix du baril ne manque pas d'inquiéter les libéraux de santé – infirmiers, kinés, sages-femmes, médecins, transporteurs sanitaires –, dont les marges sont grignotées par des frais de déplacement souvent incompressibles.

Certains sont très préoccupés, d'autres « gèrent » avec fatalisme. Mais demain ?

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Du côté des médecins, le choc est amorti par la forte baisse des visites (S.Toubon)

LA GROGNE des libéraux de santé n'a certes pas l'ampleur de celle des marins-pêcheurs qui, frappés de plein fouet par l'envolée du prix des carburants, ont obtenu du gouvernement un mécanisme de compensation financière.

 Les routiers, les agriculteurs ou encore les taxis sont sans doute plus exposés…

Néanmoins, la perspective durable d'un baril flirtant avec les 100 dollars, qui propulse vers les sommets le coût du litre du sans-plomb et du gazole, inquiète un nombre croissant de professionnels de santé libéraux dont les marges sont amputées par le poste des frais de transport.

Dans cette affaire, les médecins ne sont pas les plus malmenés.

En 2006, les frais de véhicule du médecin généraliste (6 500 euros) ont représenté « seulement » 4,9 % de ses recettes totales.

 Un pourcentage pas négligeable, mais moins élevé que pour les kinés (7 %), les sages-femmes (8,2 %), les remplaçants (9,5 %) et surtout les infirmières (11 %).

Frais incompressibles.

Côté médecins, la forte baisse des visites depuis 2002 amortit – partiellement – le choc de la flambée de l'or noir.

 Mais, souligne le Dr Vincent Rébeillé-Borgella, vice-président de MG-France, «un grand nombre de visites chez les personnes âgées sont incompressibles».

 A la campagne, nombre de médecins généralistes ont, pénurie médicale oblige, un rayon d'action considérable.

 «Pour le médecin rural qui effectue 100 à 150km par jour, le surcoût est important», ajoute ce responsable.

Les jeunes médecins qui multiplient les remplacements sont, eux, en première ligne.Le Dr Alan Charissou, généraliste remplaçant en Lorraine, confirme :

«10euros de plus par plein, ça va se sentir. J'effectue 20000 kilomètres par an, certains confrères font le double.

J'espère que nous pourrons répercuter cette augmentation dans les frais que nous déduisons dans notre déclaration.»

Du côté de SOS-Médecins, on fait contre mauvaise fortune bon coeur.

Avec 2,5 millions d'interventions à domicile par an, «on ne dit pas que la hausse de l'essence n'a pas de répercussions, mais, pour l'instant, on gère sans restreindre l'activité et sans réorganiser notre travail», explique, un brin fataliste, le Dr Patrick Guérin, président de SOS.

 Au fil du temps, ajoute-t-il, «les médecins feront comme tous les citoyens, ils achèteront des véhicules moins gourmands».

Les transporteurs sanitaires souffrent particulièrement. «L'essence constitue le quatrième poste de dépenses derrière les salaires, les charges et les investissements en véhicule», rappelle Bernard Pelletier, président de la Fédération nationale des ambulanciers privés (FNAP). En dix ans, le carburant a augmenté de 42 % ; les indemnités de transport n'ont pas suivi à la même vitesse. «Nous demandons que les négociations avec l'assurance-maladie qui commenceront d'ici à la fin du mois prennent en considération la hausse du pétrole», confie Bernard Pelletier. La FNAP réfléchit déjà à une organisation plus efficace ; elle propose de transporter deux ou trois personnes par véhicule lorsqu'ils se rendent dans le même établissement.

Plus de 100 km par jour.

Pour les infirmières libérales (240 millions de déplacements chaque année), le boom du plein de super est un motif récurrent d'inquiétude.

En 2005, la profession avait sonné le tocsin sur l'augmentation du carburant. Dans le cadre d'un protocole de valorisation de 300 millions d'euros en deux étapes, l'IFD (indemnité forfaitaire de déplacement) a été portée de 2 à 2,20 euros au 1er juillet 2007, et passera à 2,30 euros au 1er août 2008 sous conditions ; mais on serait loin du compte. «Nous avons les indemnités les plus basses alors que les frais de transport sont le poste le plus important», résume Philippe Tisserand, président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI). Il suggère d'autres soupapes, comme «l'exonération de taxe professionnelle».

D'autres professions craignent d'être frappées au porte-monnaie. Pour Elisabeth Tarraga Clavero, sage-femme à Chamallières (Puy-de-Dôme), «l'augmentation du plein d'essence a des répercussions sur notre train de vie dans la mesure où les indemnités de déplacement de 0,61euro/km en montagne sont ridicules. Les sages-femmes couvrent des zones larges et, même près d'une ville comme Clermont-Ferrand, il n'est pas rare de faire plus de 100kilomètres dans la journée».

Les kinés, dont l'exercice à domicile représente 20 à 25 % de l'activité, ne sont pas épargnés. Alain Bergeau, président de la Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes-rééducateurs (FFMKR), constate que le budget « essence » a pris «une part considérable» (5 200 euros en 2006, pour un cabinet moyen). Là encore, la revalorisation de l'indemnité forfaitaire de déplacement (IFD) de 2 à 4 euros, applicable dans 80 % de l'activité à domicile, ne résout pas tout. L'indemnité kilométrique reste faible (0,38 euro) et bloquée depuis quatre ans.

Le CNPS et l'UNAPL en alerte. Signe du malaise chez les professions de santé, deux organisations représentatives des libéraux vont se pencher sur les répercussions du prix du pétrole. «Cela fait partie des thèmes dont on va s'emparer»,confirme le Dr William Joubert, secrétaire général du Centre national des professions de santé (CNPS). Quant à l'Union nationale des professions libérales (UNAPL), elle compte alerter les pouvoirs publics sur les «handicaps» des TPE (très petites entreprises) parmi lesquels le coût de l'essence… «Pour les médecins, les architectes ou même les avocats, la voiture est un outil de travail», insiste Olivier Aynaud, secrétaire général. Il jugerait «normal» de prendre en compte cette nouvelle donne dans la fiscalité de 2008 et/ou dans la valeur de l'indemnité kilométrique.

En attendant, chacun se débrouille comme il peut avec la hausse du pétrole. Le Dr Dominique Monchicourt (Garde médicale de Paris) y est indifférent. Il a troqué sa voiture contre un scooter. «Entre les contraventions, le temps perdu dans les bouchons et l'énervement, j'ai fait mon choix. Je me déplace deux fois plus vite…».

 

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Le Quotidien du Médecin du : 15/11/2007

 

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Publié dans FOSSILISME

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